02 octobre 2005

Je suis de retour

Voilà une longue absence… je m’en excuse ! En créant mon agence de communication, le temps, malgré moi, ne m’appartient plus totalement. Mais bon, je suis là et bien là. Je vais tenter de vous offrir un florilège de mes pensées, si vindicatives, si absurdes, si égoïstes et charnelles qu’elles soient. Fidèle à mon credo, je viendrait autant que faire se peut, vous porter au-delà des mots et pour commencer, voici un petit assortiment d’aphorismes rédigés ça et là, au fil des jours.

Abdelwouhab Benabdeljalil

Aphorismes


"Il n'est pas de sentences, de maximes, d'aphorismes, dont on ne puisse écrire la contrepartie."
Paul Léautaud, Propos d'un jour

*

1. De nos jours, le soleil se lève si bas sur l'horizon qu'il s'y cogne.

2. Dans une étreinte absurde, je donnais le sein à la vie… Goulue, elle me mordillait le téton.

3. Parfois, des fulgurances d’idées traversent sur le trottoir d’en face sans que je puisse courir les arrêter. Elles disparaissent alors, trop pressées comme le sont toutes les bonnes idées.

4. Ciel ! Où as-tu laissé traîner ta main gauche ?

5. L’innocence a perdu son enfance dans le creux de notre errance

6. J’ai entendu la mer et elle a dit ceci : je ne suis que flux d’éternité et reflux d’humain !

7. J’ai longtemps vu des hommes courir de monts en vallées. Jamais je n’en ai vu s’arrêter pour demander aux roches d’épouser l’ondée du temps.

8. L’homme est un bien triste personnage : il n’est ni mer, ni terre, ni vent.

9. Que ne suis-je le voyage d’une rivière !

10. O femme ! Brillance du crépuscule !

11. Le destin d’une poésie est donc bien naïf s’il veut vivre d’une lecture étincelante de regards : Une poésie n’a de destin que celui que lui choisit l’esprit, les yeux n’étant que l’artifice trompeur lui permettant d’être lue sans être entendue.

12. Le fantasme est, de notre vérité, une porcelaine finement travaillée.

13. J’envie de la vérité un supplice libéré.

14. Le savoir n'existe que dans l'esprit de ceux qui y croient.

15. L'irréel est l'organe de l'imagination noctambule dont l'existence permet l'humanité.

16. Enfin le jour se lève et j'entends rouler le macadam sur un bruit de camion déjà en retard.

17. Un jour, pour définir le temps, j'ai vu un homme gravir une échelle suspendue au vide.

18. Dieu est le silence des armes.

19. La guerre ne se prolonge pas ; elle dure : comme l'agneau devient bélier.

20. Je regarde une statue portant étendard de paix. Il me semble l'avoir déjà vu, un jour, lorsqu'elle était vivante.

Aw.-B.

22 juillet 2005

Le poisson espagnol

Ce soir, devant la boutique d’Abdelkrim, mon ami bouquiniste, j’ai rencontré Hamid, un artiste peintre. Au fil de la discussion, il m’a révélé qu’il vivait un véritable dilemme car sa femme n’est pas sa muse et sa muse n’est pas sa femme.

Sacré dilemme ! Presque oedipien…

- « Ah ! Ah ! Ah ! Voilà de quoi écrire une jolie pièce de théâtre » dit-il en riant.
- « Oui ! » répondit Nouredine, un ami également présent, « une pièce digne de Guitry »
- « Mais c’est quoi le problème ? » osais-je demander.
- « Ma femme n’est pas une artiste, elle ne m’inspire pas. En fait, je suis amoureux d’une artiste espagnole, depuis dix ans déjà et c’est elle ma muse… »
- « Mais alors, pourquoi ne l’as-tu pas épousé ? » lui ais-je rétorqué.
- « Mais, pardi, parce que c’est un poisson ! »


Abdelwouhab Benabdeljalil

19 juillet 2005

Espoir, fils de la certitude !

La Vie
"La souffrance a son côté de joie,
le désespoir a sa douceur et la mort a un sens."
Naguib Mahfouz, Impasse des deux palais

18 juillet 2005

31 ans… et 1 jour

Pour Aniss


En face de moi, le soleil se lève…
Exceptionnellement, je l’y ai autorisé,
Prétendant qu’il brillerait plus fort
Que les yeux de mon fils.
Il y a cru… Pauvre astre !
Et du plus profond de ses flammes,
Il encensa les atmosphères.

Peine perdue, ami soleil
Tu brilles certes
Mais ses prunelles encore plus

Ce soir, la lune va se lever… souriante…
Exceptionnellement, je le lui ai ordonné,
Prétendant que ses doux reflets d’argent
Rivaliseraient avec la douceur de mon fils.
Elle y a cru… Pauvre âme !
Et du plus profond de ses miroirs,
Elle époumona le jour.

Peine perdue, tendre lune
Tu es belle certes
Mais son visage encore plus

Là, juste ici, la mer chante… et danse…
Exceptionnellement, je l’en ai prié,
Prétendant que son ressac frénétique
Pouvait seul bercer mon amour pour mon fils.
Elle y a cru… Pauvre vague !
Et du plus profond de ses flots,
Elle inonda les harmonies.

Peine perdue, troublante mer
Tu es mélodieuse certes
Mais son premier mot encore plus

Aujourd’hui, j’ai trente et une années… et un jour
Exceptionnellement, je le sais bien…
Demain je prétends en avoir un de plus ;
Et je prétends même l’offrir à mon fils.
J’en suis sûr… Cher jour !
Et du plus profond de mon être,
Je lui ferai un beau paquet.

Peine perdue, fol moi
J’aime mes jours certes
Mais les siens encore plus


Abdelwouhab Benabdeljalil

14 juillet 2005

Tout est gris le long de la Tamise...

Les fleurs se fânent sur l'humanité Charles, Prince de Galles, vient de déclarer que tout bon musulman doit condamner les attentats et éradiquer de sa communauté les prêcheurs de haines (Lire sur Yahoo! Actualités).

Je suis fondamentalement d'accord avec lui et j'irai même plus loin : tout religieux qui se respecte doit éradiquer la haine autour de lui et condamner l'atrocité.

Et pourtant...

Il y a quelques mois, lors d'un dîner offert par un de mes amis maroco-jordanien, j'ai pris part à un débat houleux à ce sujet qui, s'il ne m'a pas fait changer d'avis, m'a donné à réfléchir. Pour la première fois, je crois, j'avais une discussion à propos du terrorisme avec des personnes directement concernées puisque les convives étaient en grande partie originaires du Moyen-Orient (Jordanie, Palestine). Jusqu'alors, je n'avais eu à prêcher la paix qu'auprès de marocains ou d'européens qui pensaient en grande majorité comme moi, voire des tunisiens, amis juristes dont les propos étaient loin de diverger des miens.

Mais là, ce soir, le débat était tout autre... Les personnes à qui j'affirmai que la paix et la non-violence étaient des vertus dont l'être humain ne saurait se passer s'il désirait vivre en harmonie avec l'humanité, étaient pour la plupart des personnes marquées par la guerre et qui avaient vu mourir nombre de leurs parents, voisins et amis, tombés sous les balles israéliennes, au nom de l'indépendance de leur pays. Tout au long du débat, je me remémorais que mes grands-oncles et mon grand-père ont aussi, pendant des années, lutté pour l’indépendance du Maroc et que, s’il n’avaient pas eu recours aux armes pour leur part, du moins n’ont-ils jamais condamner les joutes sanglantes, hélas nécessaires en tant de guerre !

La révolution des Œillets n’aura plus lieu !

Une des personnes présentes, un palestinien, m’a posé une question qui m’a un peu refroidi dans mon élan humaniste : « Que ferais-tu si on te prenais ta maison, qu’on violait ta femme ou qu’on tuait ton fils sous tes yeux ? Crois-tu que tu réfléchirais encore pour savoir qui est responsable, coupable et qui est innocent ou ne l’est pas ? »

Je n’ai pas de réponse à cette question. Je n’ose imaginer à quelle violence et à quelle haine nous serions réduit si nous étions blessé dans notre chair. Je ne sais pas si la foi en l’homme – profonde foi qui m’habite – pourrait prendre le dessus sur une soif aveugle de vengeance.

La religion n’a rien à voir avec tout cela. C’est d’hommes et de femmes qu’il s’agit. En eux, cohabitent autant de haine que d’amour. Un jour c’est la haine qui prend le dessus ; un autre jour, c’est l’amour… et c’est ce jour là que je désire voir durer, une éternité !

Abdelwouhab Benabdeljalil

07 juillet 2005

Amour, quand tu nous tiens !

"Nous ne vivons que pour découvrir la beauté. Tout le reste n'est qu'attente." Khalil Gibran

J'ai lu cette phrase je ne sais où et je voulais vous dire : la beauté, je l'ai rencontré deux fois. La première, lorsque j'ai connue mon épouse et la seconde, lorsque mon fils est né. Pour le reste, j'attends toujours !

Religions du monde


"Des religions du monde, je ne vois que les bottes..."
xxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxAw.-B.

Je rêve d'un monde...

Ces derniers jours, je me surprends à penser et à réfléchir. Partout, je n'entends que tristesse et désespoir. Les hommes s'entredéchirent. Les religions autour de nous signifient luttes et dégénérescence des rapports humains.

Alors que toutes les religions vantent l’humanité, la paix, l’amour… aujourd’hui, au nom des religions, l’humanité est un crime, la paix une façade maculée, l’amour une nuance du profit…

Que nous arrive t’il ?

Est-il possible que les tenants des quatre principales religions dans le monde (bouddhisme, judaïsme, christianisme et islam dans l’ordre chronologique) s’unissent pour fédérer leur foi dans une religion universelle dans laquelle chaque mouvement ne serait que le schisme d’un tout placé sous l’étendard d’une foi unique, gouvernée par un système de valeur universellement reconnu ? Autrement dit, est-il possible de ne garder des quatre religions que ce qu’elles ont en commun ?

Question grave ! La réponse m’effraie un peu… et me fait sourire.

Dans l’absolu, je me dis que l’être humain est suffisamment tordu pour ne retenir de ce carré de cœur que les piques et les carreaux : De l’islam, les fornicateurs obsédés et névrosés, imbibés d’un machisme pathogène, voudront garder la polygamie, au grand dam de ces dames. Du bouddhisme, d’aucuns trouveront qu’ils serait intéressant de se pencher sur le nirvana et surtout sur les psychotropes qui permettent de l’atteindre (nous sommes toujours au Maroc). Le judaïsme et le christianisme donneront naissance à un débat d’homme : faut-il ou non la couper ? Il concluront les uns en faveur d’une divinisation de la mère, les autres à la défaveur d’un clergé féminin, n’en déplaise à Dan Brown !

Je ne sais pas pour vous, mais moi, face à tous cela, j’en arrive à une conclusion simple : laissons la religion à ceux qui prétendent la connaître et contentons nous de sourire !

Abdelwouhab Benabdeljalil


05 juillet 2005

Un tatouage sur le front...

� Femmes

Voilà un article qui m'a fait bondir !
Se faire tatouer une publicité sur le front pour 10000$, pour payer les frais de scolarité de son fils !
J'ai vraiment du mal à digérer...


En fait, je ne sais pas si cette dame est à plaindre ou à blâmer. De même que je ne sais pas si le fait de payer cette dame pour qu'elle se tatoue la pub sur sa chair pour sa chair est une bonne ou une mauvaise action. Mais, toute cette histoire me laisse un goût amer. Peut-être est-ce dû au procédé ; non que je réprouve le tatouage en soi, mais c'est surtout que je me dis que lorsqu'on veut faire une bonne action, il faut le faire sans que celle-ci ait la moindre répercussion négative sur la personne. Or là, pour 10000$, une femme va devoir vivre avec le nom d'un casino gravé sur le faciès (quelle humiliation !) et si un jour elle désire l'enlever, elle verra à jamais son visage flanqué d'une cicactrice immonde !

Que dire du fils qui, grandissant, découvrira le sacrifice d'une mère acculée ? Que dire de sa constante culpabilité, de son regard fuyant le front de sa mère ? Celui là même qui lui rappelle sa déchéance, sa douleur et celle qu'il a infligé, sans le savoir, à une mère qui l'aimait tellement, au point de lui sacrifier son corps.

Que dire de ces femmes, de ces hommes, de ces jeunes insouciants qui se jetteront à corps perdu (c'est le cas de le dire) sur cette occasion, l'un pour s'offrir sa dope d'un soir, l'autre pour régler une fois pour toutes ses dettes, l'autre enfin pour saisir l'éphémère et le brûler ? ... Y a-t-il une loi, un texte, une religion que nous pourrions invoquer ? y a-t-il un Etat, un gouvernement, une mission que nous pourrions châtier ?

Il nous reste les lamentations... toujours et encore ces lamentations... celles qu'on ne peut tatouer mais qui au fil du temps, dessinent sur nos fronts immaculés, le poids du passé !

Abdelwouhab Benabdeljalil